23 février 2010 - Auteur : Claude Lortie
Au Québec en particulier, la notion de philanthropie et l’approche marketing des fondations en général ont besoin d’un sérieux travail de remise en question. Nos origines religieuses et notre culture nous font agir dans ce domaine presque uniquement sur des notions de charité chrétienne.
On fait appel aux sentiments comme la pitié, la peur, le remord et même parfois la honte. Ces sentiments ne font pas bon ménage avec les notions élémentaires de marketing.
Dans beaucoup d’organismes ou de fondations on recrute des membres de C.A. dans le but avoué de leur demander de fournir des services gratuits. On lance de grandes campagnes de financement qui ne font pas de sens pour le public. On organise des activités qui n’ont aucun lien avec la nature profonde de la cause qu’on est censé faire valoir.
Alors, comment changer tout cela?
Voici un exemple très intéressant de marketing en philanthropie. RED

Voici leur propre définition :
(RED) is not a charity. It’s a business model designed to create awareness and a sustainable flow of money from the private sector into the Global Fund, to help eliminate AIDS in Africa. Consumers buy (PRODUCT) RED, and at no cost to them, money is sent directly to the Global Fund.
Traduction libre.
(RED) n’est pas un organisme de charité. Il s’agit d’un modèle d’affaires conçu pour conscientiser et pour créer un flot constant d’argent entre le secteur privé et le Fonds Mondial dans le but d’aider à éliminer le Sida en Afrique. Les consommateurs achètent les (PRODUITS) RED et sans que cela leur coûte un sou, l’argent est acheminé directement au Fonds Mondial.
Le Fonds Mondial qui lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme a été créé pour accroître considérablement les ressources pour lutter contre trois des maladies les plus dévastatrices du monde, et pour diriger ces ressources vers les régions les plus nécessiteuses. On parle ici de mission.
RED a été créé par Bono et Bobby Shriver pour soutenir la mission du Fonds Mondial. Pour moi, il s’agit d’une stratégie marketing originale, audacieuse et réaliste pour financer cette mission.
Nous sommes bien loin de l’approche on a besoin d’argent. Je suis convaincu que cela est beaucoup plus efficace. Il ne faut pas copier ce modèle, mais plutôt le voir comme une source d’inspiration.
Là comme ailleurs il faut savoir faire sa marque.
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16 février 2010 - Auteur : Claude Lortie
Il est toujours très difficile de faire sa marque. Peu importe le domaine d’affaires dans lequel on tente une percée. Tous les ans de milliers d’entreprises voient le jour et peu survivent. Imaginez quand vient le temps de créer et d’établir une nouvelle marque dans un marché déjà saturé où la concurrence est féroce.
Pourtant, certains y arrivent. C’est toujours étonnant, car le plus difficile est toujours de ne pas confondre le produit avec la marque. La marque est toujours au-dessus des produits ou des services. C’est la promesse faite au client. C’est le lien affectif et efficace qui doit s’établir dans les deux directions. J’en ai parlé très souvent et tout dernièrement dans le cas de Toyota.

Alors, je me suis intéressé à Joseph et Joseph, une marque britannique d’outils de cuisine. Des outils de cuisine il y en a des millions, voire des milliards. La plupart sans personnalité, mais quand même très utiles et fonctionnels. Alors, pourquoi proposer encore quelque chose dans ce domaine?
La seule façon d’y arriver selon moi c’est de créer une marque avec une histoire et une promesse pour le client. Sinon pourquoi aurait-il besoin d’un magnifique mortier avec son pilon? Allez voir leur site vous comprendrez tout de suite. Ils ne vendent pas des outils de cuisines. Ils vendent une histoire simple à laquelle il est facile de s’identifier. Évidemment si on aime les outils de cuisine modernes et super bien désignés.
Ils font parler d’eux dans tous les grands magazines du monde. Pas mal pour une entreprise qui a vu le jour en 2003? J’allais dire remarquable.
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9 février 2010 - Auteur : Claude Lortie
Dans quel sens? Le seul qui compte réellement. Celui de favoriser une perception claire et pointue de cette marque. La perception? C’est-à-dire la façon dont la marque sera vue mentalement sur ses marchés cibles. Par exemple, cherche-t-on à projeter une image de diversité en offrant plusieurs marques de voitures ou celle de spécialiste d’une seule marque de voiture?
En fait, avoir le sens de la marque c’est d’abord et avant tout comprendre l’importance de la marque. C’est de comprendre que son entreprise, sa fondation, sa société est une marque et non pas une usine, un produit, une campagne de financement ou un service.
Un produit ou un service n’a de valeur que s’il peut être vendu à quelqu’un qui veut se l’offrir. Pourquoi cette personne voudrait s’offrir telle chaussure plutôt que telle autre? Quelle histoire est la plus séduisante pour elle? Quelle image de soi est la plus forte? Quelle image sociale la marque va-t-elle faire ressortir?
C’est à des questions comme celles-là auxquelles il faut répondre quand on veut donner un sens à une marque. Les clients vont pouvoir s’associer mentalement à ces images et considérer une marque particulière qui leur correspond, une image valorisante pour eux.
Quel sens veut-on donner à une marque? Cela dépend exclusivement des objectifs marketing présents et futurs.
Mais une chose est certaine il faut donner un sens véritable à sa marque. Elle ne peut être galvaudée ou laissée à elle-même. Pensez seulement à ces marques pourtant connues qui sont mortes, disparues à jamais. Elles n’avaient plus de sens.
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2 février 2010 - Auteur : Claude Lortie
Depuis quelques jours, le premier constructeur mondial de voitures vit des moments extrêmement difficiles. La marque Toyota n’est pas en péril, mais elle est mal en point. Croyez-moi, il ne s’agit pas d’un simple problème de conception ou d’un cauchemar d’ingénieurs.

Non pas du tout, cette fois c’est la crédibilité de la marque qui est en jeu. Dans ce genre de dossier, J’ai déjà traité de l’exemple de Tylenol. Cette marque était au cœur d’un ouragan de force 5 et elle était réellement menacée. Il s’agissait d’une question essentielle de sécurité du produit et de son emballage. La réponse a été un modèle du genre et elle a défini pour longtemps la façon de faire dans ce genre de situation.
Dans le cas qui nous intéresse, Toyota doit absolument retrouver ses valeurs profondes et faire un véritable examen du comportement de ses dirigeants. Il faut tout faire pour redonner une confiance absolue dans les produits de marque Toyota. Aucune autre approche n’est possible.
Il faut évidemment trouver une solution de qualité au problème de sécurité lié à l’accélérateur, mais il faut surtout le faire en ayant en tête la valeur absolue de la marque Toyota. Le risque dans une entreprise de cette catégorie est de dévaloriser la marque.
Pour Toyota, il ne suffit plus d’être le premier au monde à cause du chiffre d’affaires ou du nombre de véhicules vendus. Il faut maintenir l’image de la marque Toyota. C’est très difficile, les grands constructeurs américains n’ont pas réussi à le faire.
En effet, le lien de confiance fragilisé entre le consommateur et le fabricant, la perception de la promesse de la marque et la capacité à livrer cette promesse sont ici en jeu.
Toyota, le constructeur vit des moments extrêmement pénibles, mais la plus grande menace concerne la marque Toyota. J’ai très hâte de voir comment on va faire pour protéger cette valeur capitale pour l’entreprise.
Je vous invite à prendre connaissance de l’interview de Stephen Beatty, directeur gestionnaire principal de Toyota au Canada à Marketing.
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